Les bienfaits de l'activité physique adaptée
« Et si bouger était la clé pour mieux vivre votre traitement ? »
L'activité physique adaptée fait aujourd'hui partie des soins de support recommandés pendant et après un cancer. Voici ce qui est établi, avec les sources qui le disent — sans promesse, sans exagération.
Ce que l'activité physique adaptée peut apporter
Moins de fatigue
La fatigue liée au cancer et à ses traitements est l'un des effets sur lesquels l'activité physique agit le plus nettement. Contre l'intuition, c'est le repos prolongé qui l'entretient, et le mouvement régulier qui la réduit.
Maintien de la masse musculaire
Les traitements et la baisse d'activité entraînent un déconditionnement physique. Le renforcement musculaire progressif aide à préserver la force et l'autonomie dans les gestes du quotidien.
Meilleure qualité de vie
Les personnes qui pratiquent une activité physique adaptée pendant leur parcours de soins rapportent une meilleure qualité de vie globale : sommeil, humeur, image de soi, capacité à mener ses journées.
Mobilité et équilibre
Un travail régulier de mobilité articulaire et d'équilibre limite les raideurs, améliore la posture et réduit le risque de chute — un enjeu majeur à partir de 60 ans.
Moral et anxiété
L'activité physique est associée à une réduction des symptômes anxieux et dépressifs. Pratiquée en groupe, elle rompt aussi l'isolement, qui pèse souvent autant que la maladie elle-même.
Après les traitements
Pour plusieurs cancers, notamment du sein et colorectal, une activité physique régulière après les traitements est associée à de meilleurs résultats de santé à long terme.
Ce que cette page n'est pas. Il s'agit de tendances générales établies par la recherche, pas d'une promesse de résultat individuel. Chaque parcours est différent. L'activité physique adaptée est un complément à votre prise en charge médicale, jamais un substitut : parlez-en à votre médecin ou à votre oncologue avant de commencer.
Pour aller plus loin — sources de référence
Nous préférons vous renvoyer vers des sources indépendantes plutôt que d'affirmer nous-mêmes. Ces organismes font autorité et leurs ressources sont gratuites.
Institut National du Cancer (INCa)
L'agence sanitaire de référence sur le cancer en France. Dossiers sur l'activité physique pendant et après les traitements, recommandations officielles.
La Ligue contre le cancer
Rubrique « Vivre avec un cancer » : soins de support, activité physique, témoignages de patients et accompagnement au quotidien.
ligue-cancer.net ↗ · Comité des Bouches-du-Rhône
Organisation mondiale de la santé
Recommandations mondiales sur l'activité physique et la sédentarité : repères de durée et d'intensité pour les adultes, les seniors et les personnes atteintes de maladies chroniques.
À lire
Bouger pendant un cancer, Dr Thierry Bouillet, oncologue et cofondateur de la CAMI Sport & Cancer — un ouvrage de référence pour comprendre pourquoi et comment reprendre une activité.
Disponible en librairie et en bibliothèque.
Elles racontent leur parcours
Quatre femmes qui ont traversé un cancer ont accepté de raconter, avec leurs mots, la place que le mouvement a prise dans leur parcours. Quatre histoires différentes — c'est ce qui les rend précieuses.
Lise — rester actrice de sa vie malgré la maladie
Lise, présidente de Bouger Ensemble Autrement, partage son histoire personnelle et le sens qu'elle donne aujourd'hui à l'engagement de l'association.
Quand le cancer a fait intrusion dans ma vie, il y a 42 ans, l'accompagnement des patients pendant ou après les lourds traitements de chimiothérapie ou de radiothérapie n'existait pas. Nous étions livrés à nous-mêmes, avec nos peurs, nos douleurs, et beaucoup de questions qui restaient sans réponse. Le cancer m'a accompagné pendant 3 ans…
Mon combat, je l'ai mené toute seule. Ne voulant laisser aucun répit au cancer, j'ai tenu à continuer à vivre le plus « normalement » possible malgré la lourdeur des traitements et la kyrielle d'effets secondaires… Je me suis prise en charge et j'ai continué à pratiquer des activités physiques, ski, vélo, danse… J'étais prête à relever tous les défis qui se présentaient à moi. C'était ma manière de rester actrice de ma vie.
Cela n'a pas toujours été simple car à cette époque-là je devais mener de front mes études, les opérations et les traitements ; mais baisser les bras, c'était laisser la place au cancer.
42 ans plus tard, je mesure avec émotion le chemin parcouru et l'évolution considérable de la place accordée au bien-être et à l'accompagnement des personnes touchées par le cancer. Elles sont et peuvent désormais être prises en charge, être accompagnées.
C'est précisément cette vision qui anime l'association Bouger Ensemble Autrement, dont l'objet est de promouvoir la santé, le bien-être et le lien social, notamment auprès des personnes en cours de traitement ou en phase post-cancer, grâce à des activités physiques adaptées encadrées par deux professionnelles qualifiées.
Mon histoire personnelle donne aujourd'hui encore plus de sens à cet engagement : permettre à chacun de continuer à bouger, à créer du lien, à susciter l'envie de se projeter et, surtout, à rester acteur de son parcours malgré la maladie.
Florence — se remettre au sport après les traitements
Florence s'est remise au sport en 2023, après ses traitements, au sein d'associations d'activité adaptée.
J'ai eu un cancer du sein déclaré fin 2020 : chimiothérapie, radiothérapie et hormonothérapie pendant 10 ans, avec une double mastectomie.
Une fois les plus gros soins terminés, je me suis remise au sport en 2023, à travers diverses associations pour les personnes ayant eu aussi un cancer ou une maladie chronique. J'ai commencé par du qi gong, du Pilates, et maintenant je fais en plus du renforcement musculaire, de la natation, de l'aquagym et bien sûr de la randonnée.
Je peux dire que cela m'a sauvé la vie à bien des égards : j'ai retrouvé la pêche, le moral et la joie de vivre, et je suis beaucoup plus en harmonie avec mon corps qu'avant le cancer ! J'ai toujours des gros coups de fatigue, que je gère par des siestes et une bonne hygiène de vie. J'ai pu reprendre le travail à mi-temps et consacrer le reste de mes journées à faire du sport ou des activités de plein air.
Merci à toutes ces associations d'exister et de nous permettre de retrouver une vie presque normale.
Valérie — bouger chaque jour, même pendant la chimio
Valérie a maintenu une activité physique quotidienne tout au long de ses traitements, qui ont duré près d'un an.
À partir du moment où on m'a enlevé la tumeur, et les médecins ayant été très rassurants aussi, je ne me suis pas sentie malade. Pour moi, le cancer avait disparu avec l'opération (en plus il n'y avait pas de métastases), et tous les traitements qui devaient suivre étaient mis en place pour éviter une récidive. C'est en tout cas ce que j'ai retenu du discours des médecins. C'est ce qui m'a permis de garder un état d'esprit très positif.
J'étais quand même consciente que je devais être le plus possible en forme pour supporter au mieux les traitements, c'est pourquoi j'ai fait en sorte d'avoir une activité physique quotidienne, y compris les lendemains des séances de chimio. J'ai surtout beaucoup marché en colline, derrière la maison (entre une demi-heure et une heure par jour), et j'ai fait aussi régulièrement des exercices de renforcement musculaire chez moi.
J'ai fait également quelques séances de kiné, chez une kiné spécialisée pour le cancer du sein, ce qui m'a permis aussi de discuter et d'échanger. Je continuais également à sortir, à voir du monde et à avoir une vie sociale, ce qui m'a aidée à garder le moral et à ne pas me sentir malade.
Le plus gros des traitements a duré 4 mois (chimio et radiothérapie), l'ensemble des soins, avec notamment l'immunothérapie, environ 1 an. Au fil de ce parcours, j'ai été accompagnée par différentes équipes médicales, à l'HPP, à l'Étoile et à l'hôpital d'Aix. Médecins, infirmières et professionnels qui m'ont accompagnée ont été à l'écoute et m'ont donné beaucoup d'informations et de conseils pour éviter les effets secondaires des traitements.
Autre point très important à mes yeux : mon aspect « physique ». Quand j'ai entendu le mot « chimio », j'ai été terrifiée à l'idée de perdre mes cheveux (le souvenir de ma mère chauve est toujours présent dans mon esprit). Là encore, je n'ai essayé de retenir que le positif des paroles de mon oncologue, à savoir « vous pouvez ne pas perdre vos cheveux, rien n'est certain ». À l'HPP, médecins et infirmières m'ont tout de suite proposé le port d'un casque réfrigérant pendant les séances de chimio. On m'a également proposé des piqûres et des compléments alimentaires. Le fait que je garde mes cheveux m'a évidemment permis de garder le moral et de me sentir plus forte.
Sophie — rester connectée à son corps, et ne pas rester seule
Sophie a bénéficié d'un accompagnement individuel, adapté séance après séance, pendant toute sa période de soins.
Je tenais à vous partager mon expérience lors de l'accompagnement personnalisé que j'ai effectué pendant ma période de soins, lors de mon cancer.
Il m'a permis de rester toujours connectée avec mon corps, malgré tous les traitements qui se sont enchaînés.
Cet accompagnement était toujours adapté en fonction de mes capacités du moment : marche, mobilité, renforcement… Il m'a permis de bouger à mon rythme, en fonction de ce que je pouvais faire chaque jour.
Il m'a aussi donné une autre raison d'être fatiguée que celle de la maladie, et surtout, il m'a permis de ne pas être seule et isolée pendant cette période.
Alors, bouger ensemble, autrement.
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